Association Française des Assistants Réalisateurs de fiction
#5

L’emploi intermittent dans le spectacle au cours de l’année 2018

29 décembre 2019 | par AFAR

En 2018, l’emploi des intermittents du spectacle concerne 273 810 salariés (127 321 allocataires indemnisés) et génère 2,4 milliards d’euros de masse salariale pour un total de 110 millions d’heures travaillées.


Le nombre d’intermittents du spectacle est passé de 261 652 en 2016 à 272 469 en 2017 puis 273 810 en 2018 (+4,6% par rapport à 2016, +0,5% par rapport à 2017).

Définition du nombre d’intermittents

Il est impératif de garder en tête que pour Pôle Emploi, le nombre de salariés intermittents du spectacle comprend tous les artistes, ouvriers et techniciens du spectacle engagés en CDD, notamment en CDD d’usage, qui ont travaillé au moins une heure au cours de l’année pour un ou plusieurs employeurs relevant du champ d’application des annexes 8 et 10 de l’Assurance chômage.
Ce nombre inclut donc les intermittents indemnisés au titre de ces annexes, mais également tous les autres salariés intermittents qui effectuent au moins un contrat de travail dans le champ spectacle.

Le « nombre d’intermittents » est donc le nombre de personnes ayant cotisé au régime spécifique d’assurance chômage, et non le nombre de personnes indemnisées par celui-ci.

Analyse de l’augmentation du nombre de salariés intermittents du spectacle

Voici un graphique détaillé concernant l’évolution du nombre de salariés intermittents en fonction du nombre d’heures effectuées.
Rappelons que le seuil pour prétendre à une indemnisation est de 507h de travail sur une année.

Source des données : Pôle Emploi [1]
* Les chiffres de 2014, 2017 et 2018 sont des estimations basées sur les graphiques présents dans les documents Pôle Emploi référencés ci-dessus

Comme en 2016, près des 2/3 des intermittents (62%) n’atteignent pas le nombre d’heures nécessaires pour prétendre à une indemnisation (ARE), à savoir 507 heures de travail déclarées sur l’année.

On constate que l’augmentation du nombre de salariés intermittents entre 2016 et 2018 (+12158) touche toutes les tranches d’heures et correspond :

  • à 59,9% (+7279), à une hausse du nombre de personnes n’arrivant pas à effectuer 507h de travail sur l’année (et en particulier celles ayant effectuées 24h ou moins de travail qui représentent plus de 27% de l’effectif total !), soit les personnes qui cotisent sans pouvoir prétendre à une (future) indemnisation
  • à 31,2% (+3795), à une hausse du nombre de personnes ayant effectué entre 507h et 719h de travail
  • à 8,9% (+1084), à une hausse du nombre de personnes ayant effectué plus de 720h de travail, soit les personnes qui en théorie cotisent le plus, ont le plus de carences (franchises) et le moins de jours indemnisés.

Du fait de cette répartition, cette hausse du nombre d’intermittents (de cotisants) s’apparente à une opération plutôt transparente pour l’UNEDIC.

A noter que le nombre d’intermittents est quasi stable entre 2017 (272 469) et 2018 (273 810), la faible augmentation provenant de la légère hausse du nombre de personnes ayant effectué entre 507h et 719h de travail.

Nombre d’intermittents indemnisés

Selon les derniers chiffres publiés par Pôle Emploi [2], les allocataires indemnisés au moins une journée au titre des annexes 8 et 10 en 2018 sont au nombre de 127 321 (+8,7% par rapport à 2016), soit 46,5% des 273 810 cotisants (44,7% en 2016).
➜ Moins d’1 intermittent sur 2 est donc indemnisé par Pôle Emploi.
Le nombre d’allocataires indemnisés en fin d’année s’établit à 100 300 (+7,4% par rapport à 2016).

Cette hausse du nombre d’intermittents indemnisés (+10173) s’explique par la pleine entrée en vigueur du protocole UNEDIC du 28 avril 2016 et correspond très majoritairement à une hausse du nombre d’allocataires de l’annexe X (+8670).

Ces chiffres sont à mettre en correspondance avec la réalité des prestations versées, 1 371 millions d’euros en 2018 (+5,7% par rapport à 2016), et des contributions encaissées au titre de l’Assurance chômage, 390 millions d’euros en 2018 (+20% par rapport à 2016, +40,3% par rapport à 2014).

Ainsi, le ratio entre les prestations versées et les cotisations encaissées continue à baisser (-48 points par rapport à 2016) malgré la hausse du nombre de personnes indemnisées.


L’analyse des cotisations encaissées n’a plus de sens depuis le 1er octobre 2018, date à laquelle les cotisations salariales d’assurance chômage ont totalement été supprimées de tous les bulletins de salaires (suppression compensée par une hause de la CSG), comme prévu par loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018, publiée le 31 décembre 2017.
Les intermittents restent tout de même concernés par une surcotisation salariale spécifique d’assurance chômage de 2,40%. [3]


Le déficit de l’UNEDIC n’est pas lié aux Annexes VIII et X

Le régime des annexes VIII (techniciens) et X (artistes) a une balance analytique (différence entre recettes et dépenses) stable pendant une dizaine d’année avant de connaitre une baisse à partir de 2014.
La balance analytique entre les prestations versées et les contributions encaissées s’élève à -981 millions d’euros en 2018.

En 2018, les allocataires indemnisés au titre des annexes VIII et X représentent 4,11% des allocataires (127 321 / 3 098 400 [4]), pour 3,42% des dépenses totales de l’UNEDIC (1,371 Md€ / 40,105 Md [5]).


Pour mémoire : d’après le Dossier de référence de la négociation 2018 conçu par l’UNEDIC et publié en novembre 2018 [6], les balances analytiques des dispositifs d’assurance chômage couvrant les salariés sous contrats de courte durée étaient en 2016 de :

  • - 0,909 milliards € pour les annexes VIII et X (en baisse depuis 2014)
  • - 1,893 milliards € pour l’Intérim (en baisse depuis 2014)
  • - 6,198 milliards € pour les CDD (hors annexes VIII et X) (en hausse depuis 2014)


En 2016, on note donc que la différence entre les recettes de contributions et les dépenses d’allocations est positive (+1,3 Md€) !

Le déficit final de l’UNEDIC s’explique par la présence d’autres charges : financement de Pôle emploi (contributions de 10 %, soit -3,3 Md€), validation des points retraite (-2 Md€), autres charges (-0,8 Md€), aides au reclassement (-0,7 Md€), résultat financier (-0,3 Md€)... [7]

L’analyse des recettes de contribution et de la balance analytique des différents régimes n’a plus de sens depuis le 1er octobre 2018, date à laquelle les cotisations salariales d’assurance chômage ont totalement été supprimées de tous les bulletins de salaires (suppression compensée par une hause de la CSG), comme prévu par loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018, publiée le 31 décembre 2017.
Les intermittents restent tout de même concernés par une surcotisation salariale spécifique d’assurance chômage de 2,40%. [8]


Voir en ligne : L’emploi #intermittent dans le spectacle au cours de l’année 2016


Notes

[1Source des données : L’emploi intermittent dans le spectacle au cours de l’année 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018

[2Les allocataires indemnisés au titre des annexes 8 et 10 en 2018 - http://www.pole-emploi.org/files/li...

[3Du nouveau dans les cotisations d’Assurance chômage - https://www.movinmotion.com/nouvell...

[4Demandeurs d’emploi indemnisés au 4e trimestre 2018 - http://www.pole-emploi.org/statisti...

[5Rapport financier 2018 de l’UNEDIC - https://www.unedic.org/publications...

[6Dossier de référence de la négociation 2018 - https://www.unedic.org/publications...

[7Rapport financier 2016 de l’UNEDIC - https://www.unedic.org/publications...

[8Voir [3]

PARTAGER :

publicités

Profils mis à jour

Véronique LABRID

1ère assistante réalisateur


Max BELMESSIERI

membre associé


Arthur TABUTEAU

3e assistant réalisateur


Olivier BERLAUD

1er assistant réalisateur


Andréas MESZAROS

1er assistant réalisateur


Articles récents


© AFAR 2020 | contact | espace membres | Plan du site | charte | mentions légales | cookies
site réalisé avec le concours de la Commission du Film d'Île-de-France et du CNC